Les mots et les mets

profiterole

Les mots et les mets, deux choses qui me rendent particulièrement gourmande. Le mot comme mets. Je salive de la sonorité et du sens d’un mot inédit comme je lorgne parfois de façon appuyée et indiscrète sur l’aspect d’un plat. Besoin irrépressible de goûter un mot s’il me tente, le mettre en bouche, m’en emparer…parfois avec gloutonnerie. Le plus souvent, prononcer encore et encore comme lorsqu’on savoure bouchée après bouchée. Encore plus délectable lorsque l’enveloppe est déjà bien remplie de son sens.

Dodu. Rondeur bien garnie, sécurisante. Dodeliner. Bercement dorlotant, musical qui contient déjà le début de la somnolence.

Bourdon. Bestiole bombée et duveteuse. Le son se courbe en prononçant ces b, ces o, ces d qui en dessinent les contours. En anglais, bumble-bee, des petits bonds à l’oreille, un bourdonnement.

 Le sens et le son du mot : petit festin quand cet assaisonnement provoque un éclat délicat dans ce qu’il déploie à l’esprit et à l’oreille de celui qui le ressent, quitte à n’être qu’un plaisir gourmet solitaire, réjouissant quand un autre en reçoit toute la saveur.